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Dijon et l'actu

VINGT VOITURES BRÛLÉES DANS LA NUIT DE DIMANCHE A LUNDI
Côte-d'Or : Chronique d'un embrasement annoncé

La Côte-d'Or s'affiche aussi sur la carte de France des violences urbaines. Retour sur des nuits chaudes qui éveillent les craintes.


Plus de 1 400 véhicules incendiés, 395 personnes interpellées : hier, le jour s'est levé sur le bilan national le plus lourd de ces nuits de violence qui troublent le sommeil des banlieues depuis le 27 octobre.
Tournant amorcé avant même le week-end : la province n'est pas épargnée par un phénomène qui s'est répandu de Clichy-sous-Bois aux villes voisines. Puis de la ceinture parisienne à l'ensemble des régions.
Dijon, Chalon-sur-Saône, Montceau-les-Mines. Pas plus qu'une autre, la Bourgogne n'échappe à ces faits contagieux se propageant à la vitesse d'une épidémie. Sans que l'on puisse compter cette fois sur un vaccin préventif ou un traitement miracle.
Néanmoins, il faut distinguer divers degrés dans cette violence. Et, pour l'heure, la Côte-d'Or n'a pas sombré dans la « guérilla » marquée par des affrontements entre délinquants et forces de l'ordre.
Mais l'escalade implacable qui a fait progressivement monter la fièvre est bien réelle dans le département. Il n'est qu'à retracer la chronologie des événements pour en prendre la mesure.
Sans commune mesure

C'est jeudi que les premiers incidents éclatent à Dijon
. Cinq voitures sont incendiées dans le quartier des Grésilles, plus d'une dizaine d'autres sont endommagées. La soirée avait commencé par un feu dans un container à poubelles et des projectiles lancés sur un bus du réseau Divia. Le préfet, Paul Roncière, demande que l'on ne « stigmatise pas ce quartier » pour des faits « sans commune mesure avec ce qui s'est passé en banlieue parisienne ».
Le maire, François Rebsamen, parle « d'actes intolérables » contre lesquels il faut « ne pas lâcher, tenir bon ».
Deux mineurs, qui ont mis le feu à une mobylette et à une moto stationnées à Chevigny-Saint-Sauveur, sont interpellés par la gendarmerie. Jugés le lendemain en comparution immédiate, l'un, âgé de 16 ans, est incarcéré, l'autre (15 ans), est placé sous contrôle judiciaire dans un centre fermé.

Dans la nuit de vendredi à samedi, nouveaux accès de violence. Au programme : un cocktail Molotov lancé contre une école à Dijonsix voitures sont incendiées dans le parking souterrain d'une résidence étudiante, boulevard des Martyrs-de-la-Résistance. Pas de blessés mais soixante-dix personnes sont évacuées. Le représentant de l'État dit sa colère : « toutes les limites ont été dépassées ». Il annonce que le dispositif de surveillance des zones à risque va être renforcé.

Une troisième vague d'agitation s'abat sur l'agglomération dijonnaise la nuit suivante. Un véhicule est incendié à Chenôve, un container à poubelles prend feu dans une école de Beaune. Puis, c'est au tour du local affecté au même usage dans une crèche, à Longvic. Une voiture ici, une autre là : en l'espace de trois quarts d'heure à Dijon, des brasiers à la Fontaine d'Ouche donnent écho à d'autres aux Grésilles. Ou vice-versa.
150 personnes évacuées
Mais c'est à la Toison d'Or que l'émotion est la plus vive, sur les cendres d'un incendie qui a réveillé les habitants d'une résidence cossue, croyant pouvoir dormir sur la certitude de la tranquillité.
Plus de 150 personnes évacuées pendant la nuit découvrent le lendemain matin l'étendue des dégâts causés par les flammes dans le parking souterrain, boulevard Montaigne : quatre voitures et une moto entièrement calcinées, une dizaine de véhicules sévèrement dégradés. Les esprits sont marqués.
Des patrouilles de policiers destinées à opérer le maximum de flagrants délits sont annoncées par la préfecture. Cinq mineurs crevant des pneus sont interpellés durant la journée (remis à leurs familles, ils comparaîtront ultérieurement devant le juge des enfants).
Montbard Saint-Jean-de-Losne

La nuit de dimanche à lundi est émaillée de nouveaux incidents. Au total, non moins de vingt véhicules sont brûlés en Côte-d'Or : un à Dijon, aux Grésilles, un autre à Beaune, dans le quartier des Blanches-Fleurs et dix-huit sur le seul territoire de la ville de Chenôve, où un individu de 21 ans, incendiaire de local à poubelles, est arrêté (voir par ailleurs).
Les pompiers doivent également intervenir à Talant, au collège Jean-Rostand de Quetigny, à Chevigny-Saint-Sauveur.
Les feux de poubelles n'épargnent ni Montbard ni Saint-Jean-de-Losne.
Bref, alors que se profilait hier une autre nuit d'incertitude, une colère sourde et une vive inquiétude étaient palpables dans les quartiers, où toutes les conversations tournent autour du sujet. « Pourquoi » ? « A qui la faute » ? Un peu las de la surenchère autour de ces interrogations, les habitants veulent d'abord qu'on réponde à leurs questions : « jusqu'où ? », « pour combien de temps ? »
Lauranne VOIRON


Un cocktail Molotov contre le commissariat de Chenôve


Après plusieurs établissements scolaires, c'est le commissariat de Chenôve qui a été la cible d'incendiaires.
Hier, vers 20 heures, un cocktail Molotov a été lancé en direction du bâtiment.
L'engin incendiaire s'est brisé contre les grilles qui entourent le commissariat. Les fonctionnaires de police présents sur les lieux ont pu éteindre les flammes avant l'arrivée des pompiers, sans que de gros dégâts soient à déplorer.


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